La solitude: ma douce liberté pour aller mieux

Ces dernières semaines je me suis isolée. J’ai cassé mon rythme en bannissant tout ce qui venait de l’extérieur, pas tout, pas complètement mais presque…

Je me suis retrouvée noyée entre mes obligations familiales, mes projets envolés, la santé qui dégringole, mes pires craintes qui se dessinent devant mes yeux …  C’est comme si tout le travail psychologique que j’avais parcouru cette année s’écroulait d’un coup.

J’ai eu l’impression que tout ce que j’avais mis en place, mes protections, mon environnement, mes cheminements de pensées pour combattre mes faiblesses, tout s’écroulait.

Je me suis donc isolée. Pour ne pas me rajouter d’autres fardeaux, pour ne pas blesser mon entourage par des mots qui dépasseraient ma pensée, pour me comprendre.  Dans tout ce tremblement de petites étincelles me faisaient sourire. La nouvelle d’une petite cerise à naître. Les progrès de mes enfants. Des petits encouragements, même dans le silence certains ont su lire, et ça m’a donné l’énergie nécessaire pour creuser.

C’était le moment d’utiliser tous les outils pour combattre.

Mais avant tout c’était le moment d’être libre de mes mouvements. Libre de me tromper, d’avoir la place pour respirer, essayer … Comme un enfant qui apprend à marcher et qui a besoin de place pour ne pas se blesser. J’en suis là.

J’en suis à enfin utiliser tout ce que j’apprends pour mon fonctionnement personnel. J’en suis à apprendre à connaître mes limites. Les toucher, les chérir et les respecter.

Ce sont mes limites qui font la personne que je suis, avec toutes ses capacités et toutes ses problématiques. C’est la solitude qui permet d’apprendre à les analyser et à les toucher du doigt.

A toujours être envahi du désir de plaire, d’écouter et de se formaliser aux autres on apprend à ne plus être soi-même. Le contact de l’autre envahi forcément notre façon de penser et on s’oblige à penser ou à tolérer peut être trop parfois.

"on ne peut être à l'unisson parfait qu'avec soi-même ; on ne peut pas l'être avec son ami, on ne peut pas l'être avec la femme aimée, car les différences de l'individualité et de l'humeur produisent toujours une dissonance, quelque faible qu'elle soit. Aussi la paix du cœur véritable et profonde et la parfaite tranquillité de l'esprit, ces biens suprêmes sur terre après la santé, ne se trouvent que dans la solitude" cf : http://www.schopenhauer.fr/fragments/solitude.html

Dans la solitude j’ai trouvé ma liberté. Comme une bouffée d’oxygène qui me permet d’être et de penser comme j’en ai besoin. De prendre des habitudes qui me conviennent, qui correspondent à ma personnalité et qui me permettent de tenir debout.

Aujourd’hui à la question : de quoi as-tu besoin ? Je réponds : rien. C’est vrai je n’ai besoin de rien.  Je suis dans une période complètement ébranlée, mais je suis debout, et lucide.  J’aurais bien eu besoin d’une petite semaine au bord de la mer pour me revigorer les poumons, ça je ne le nie pas. Mais je n’ai besoin de rien.

J’ai recommencé à voir mes amis, à mon rythme, à mes horaires, après les activités de mes enfants et non plus pendant.  Quand j’en ai envie et quand j’en ai la force surtout. Je réponds au téléphone quand je peux, ce n’est plus le téléphone qui me dicte mes priorités.

Mes priorités aussi ont été revues. Se couper de notre entourage nous a permis de voir ce dont notre « bulle » avait besoin pour tenir debout. Psychologiquement ce qu’on pouvait accepter de porter, et les poids qu’on pouvait quitter  avec quelques réflexes.

J’ai eu la mauvaise habitude d’essayer de porter le fardeau d’autrui avec moi, mais ça ne faisait que rajouter des soucis sur mes épaules, et là je n’avais pas forcément le retour de force. De l’énergie perdue.  J’ai aussi eu la mauvaise habitude de me laisser faire, de me dire que la personne en face ne fait pas exprès, ou que je suis assez forte pour passer au-dessus. C’est vrai ! Mais parfois c’est faux. Alors j’ai trouvé le juste milieu. Ce que les personnes attendent de moi, de ma tolérance ou autre, je le demande en retour. Là où je n’envahi s pas autrui, je ne veux pas non plus être envahi. Là où je ne manque pas de respect et ou j’ai de la compassion, j’attends de la compassion. Sinon ? Je passe mon chemin et je dépense l’énergie qui me reste pour d’autres occasions.

Je ne donne pas pour reprendre, je ne gaspille plus.  Aller au-devant des déceptions est aujourd’hui un luxe que je ne me permets plus. C’est ma liberté.

Me retrouver seule avec mes pensées ne me fait plus peur, avant je comblais tout le temps pour éviter de réfléchir.  Mes erreurs m’ont mené là où j’en suis,  elles m’instruisent. Et ce n’est quand les regardant et en les affrontant que j’apprends. Fuir ne mène qu’à d’autres ennuis.

De mauvaises habitudes que j’ai bannies :

  • Ne plus me justifier de mes besoins, je suis une grande fille maintenant et mes choix sont réfléchis et correspondent à mes besoins vitaux.
  • Ne pas écouter mon corps : j’ai passé des années à suivre un rythme qui n’était pas le mien. L’échec assuré.
  • Avoir honte de mes faiblesses. Elles sont là, les respecter et les combler j’en fais une force.
  • Ne pas avoir d’activités zen : faire la fiesta c’est bien joli mais le corps à certains besoins, et le calme en fait partie.
  • Douter de mes capacités : nous en avons tous, il n’y a personne qui puisse s’occuper des miennes mieux que moi.

befree

Aujourd’hui  j’appréhende de grignoter sur cette liberté que j’ai acquise.  Il faut bien avoir une vie sociale, mais c’est tellement bon d’aller à son rythme.

Ce billet est surement moins pétillant que ce que j’aime écrire d’habitude, mais il fait partie de mon parcours, et j’ai aimé retrouver des choses perdues dans mon blog ces dernières semaines. Il me semble donc  important de jeter ça aussi ici.

Et puis qui sait, peut-être deux yeux étrangers trouveront-ils un écho ici !

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11 réflexions sur “La solitude: ma douce liberté pour aller mieux

  1. Je me retrouve totalement dans ton récit. Aujourd’hui j’apprends à me retrouver et à aspirer à davantage de solitude pour me ressourcer.
    J’apprends aussi à m’assumer et à ne plus m’excuser d’être qui je suis.
    Le chemin est long mais nous n’en serons que plus heureuse..
    Courage à toi !

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  2. J’ai l’impression que tu parles de moi …
    Ce besoin de se recentrer sur soi, d’assumer ce que nous sommes.
    Et en plus, c’est très joliment écrit 😉

    Contente que tu ailles mieux. Enfin, j’espère ne pas me tromper en l’écrivant …

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  3. Pingback: Prendre du recul pour se retrouver | Epuisement maternel

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